Cannes 2026 : le palmarès
Dix-neuf ans après QUATRE MOIS TROIS SEMAINES DEUX JOURS, Cristian Mungiu entre dans le club fermé des double palmedorisés en recevant le prix suprême pour FJORD. Un film fort, qui prône le besoin de dialogue et d’empathie dans une époque souvent plus prompte à diviser et à stigmatiser. Un film complet, aussi, qui brille autant pour son écriture et sa mise en scène, qui savent prendre du recul, que pour son interprétation, humaine et touchante, de Renate Reinsve et Sebastian Stan. Un choix qui n’est peut-être pas le plus original ni même le plus audacieux, mais qui est hautement satisfaisant.
Par ailleurs, le jury a décidé de célébrer un cinéma un peu empesé, académique, avec un Grand Prix pour MINOTAURE d’Andreï Zviaguintsev et un Prix de la mise en scène pour FATHERLAND de Pawel Pawlikoski. Restent heureusement la jeunesse des Javis couronnés, ex-aequo, à la mise en scène pour LA BOLA NEGRA, et le culot d’Emmanuel Marre, récompensé pour son extraordinaire NOTRE SALUT. Mais aussi les larmes du duo Virginie Efira / Tao Okamoto, splendides dans SOUDAIN, qui remportent très logiquement le Prix d’interprétation féminine – on regrette en revanche que ce petit miracle de cinéma, son immense courage, transmise tout en légèreté, son empathie bouleversante et son élan vers l’autre, n’ait pas eu davantage.
On s’interroge aussi sur l’absence, une nouvelle fois, de James Gray et son remarquable PAPER TIGER. En six participations, le cinéaste américain n’a toujours pas remporté le moindre prix, sans doute puni pour son prétendu classicisme – prétendu, tant PAPER TIGER joue au final avec la forme, sonore, notamment ; et tant il déjoue tout un pan du cinéma hollywoodien en regardant dans les yeux le cauchemar du rêve américain. On s’interroge aussi sur une autre absence, celle de HOPE de Na Hong-jin, grand geste de mise en scène et de jeu sur le genre – sans doute sa double nature de film d’auteur et de divertissement lui a-t-elle été fatale, stigmate bien dommageable dès lors qu’on parle de cinéaste et de film de cet acabit.
Dans la section consacrée aux jeunes auteurs de la sélection officielle, Un Certain Regard, le jury de Leïla Bekhti a récompensé du Prix Un Certain Regard le très beau et singulier EVERYTIME de Sandra Wollner. Le Prix du jury, quant à lui, est allé au très impressionnant premier film d’Abinash Bikram Shah LES ÉLÉPHANTS DANS LA BRUME. Le jury a également récompensé l’animation avec le splendide nouveau film de Louis Clichy, LE CORSET. Enfin, du côté des interprètes ont été couronnés l’interprète principal de CONGO BOY Bradley Fiomona Dembeasset et le trio de TON ANIMAL MATERNEL, Marina De Tavira, Daniela Marín Navarro et Mariangel Villegas.
Palme d’Or
FJORD de Cristian Mungiu
Grand Prix
MINOTAURE d’Andreï Zviaguintsev
Prix de la mise en scène (ex-aequo)
Javier Calvo & Javier Ambrossi pour LA BOLA NEGRA
Pawel Pawlikowski pour FATHERLAND
Prix du Jury
L’AVENTURE RÊVÉE de Valeska Grisebach
Prix d’interprétation féminine
Virginie Efira & Tao Okamoto pour SOUDAIN
Prix du scénario
Emmanuel Marre pour NOTRE SALUT
Prix d’interprétation masculine
Emmanuel Macchia & Valentin Campagne pour COWARD
Caméra d’Or
BEN’IMANA de Marie-Clémentine Dusabejambo
Palme d’or du court-métrage
PARA LOS CONTRINCANTES de Federico Luis
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