EVIL DEAD BURN

07/07/2026 - Par Aurélien Allin
Après le succès de VERMINES, Sébastien Vanicek traverse l’Atlantique pour donner sa version, passablement vénère, d’EVIL DEAD. Une franche réussite dont la brutalité n’est jamais vaine.

La franchise EVIL DEAD a décidé de se décliner en spin-offs a priori décorrélés de la mythique trilogie originelle et, comme MISSION : IMPOSSIBLE à ses débuts, d’offrir à des cinéastes l’opportunité d’apposer leur patte et leurs envies au canevas inventé par Sam Raimi. Grand bien lui en fait. Après EVIL DEAD RISE de Lee Cronin – qui, passé son excellent prologue, avait tendance à s’épuiser –, voilà EVIL DEAD BURN, cornaqué par le Français Sébastien Vanicek. Son ambition, réaliser le volet le plus brutal de la saga, aurait pu propulser EVIL DEAD BURN vers des sommets de vacuité. Sauf que le réalisateur et son coscénariste Florent Bernard appliquent ici le même credo que dans leur excellent VERMINES : énergie et férocité au service d’un cinéma de genre tout à fait conscient des enjeux sociétaux et humains qui traversent notre époque. Ainsi fait-on la connaissance d’Alice (Souheila Yacoub), Française prisonnière d’un couple en bout de course, rongé par la toxicité, voire la violence, de son mari. Le décès accidentel (ou pas) de celui-ci déclenche une réaction en chaîne, Alice et toute sa belle-famille se réunissant dans une vieille maison décrépite en pleine forêt où les assaillent bientôt des Deadites. L’image d’Épinal de la cabane dans les bois se retrouve immédiatement renouvelée, puisqu’enrichie d’un cercle supplémentaire : Alice se retrouve également isolée au cœur-même de cette famille en deuil, confrontée aux standards traditionnels érigés par sa belle-mère quant au rôle d’une épouse. Portée par la prestation très humaine de Yacoub – rage, tristesse, soulagement et farouche indépendance s’y mêlent pour un portrait complexe –, Alice s’impose comme un personnage retors qu’on aime d’autant plus qu’elle n’est pas commode et encore moins disposée à se laisser embobiner par les clichés du film de genre. L’horreur échafaudée par Vanicek n’en est alors que plus incarnée, le réalisateur prenant un malin plaisir à multiplier les annonces-paiements complices avec le spectateur et les effets ultra charnels franchement cradingues – un baiser langoureux à base de plaie ouverte, où sang et salive se mêlent, pour n’en citer qu’un. Brutal, EVIL DEAD BURN l’est, la perversité des Deadites n’ayant d’égal que la pugnacité d’Alice, toutes deux mises en scène avec une énergie doloriste qui jamais ne faiblit, caméra et montage ultra nerveux décuplant chaque coup et chaque entaille. Là, scène après scène, émerge alors un implacable regard sur la violence domestique en général et celle imposée aux femmes en particulier, sans que jamais le divertissement ne vire à la putasserie ou à l’opportunisme.

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Sortie : 08.07.26
De : Sébastien Vanicek
Avec : Souheila Yacoub, Hunter Doohan, Tandi Wright, Erroll Shand
Pays : États-Unis
Durée : 1h50
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