THE DOG STARS

26/08/2026 - Par Aurélien Allin
Film d’aventure post-apo, THE DOG STARS s’amuse des codes et déjoue la tentation du tout-spectacle – voire du gros spectacle – pour s’intéresser avant tout aux sentiments.

Peut-être est-ce dû à l’influence des plateformes de streaming ou tout simplement à la rapidité de l’époque, mais les films essaient désormais de débuter en fanfare pour accrocher le spectateur. THE DOG STARS n’en a cure et c’est probablement l’une de ses meilleures décisions. Ses premiers plans planent dans les airs, au-dessus des montagnes verdoyantes. Puis la caméra observatrice et accompagnatrice d’Erik Messerschmidt colle au protagoniste, Hig (Jacob Elordi) dans son quotidien : il répare son avion, s’envole avec son chien, atterrit dans une ville américaine typique dévastée, désertée par les humains, où tremblotent les vestiges d’un temps et d’une civilisation révolus. Hig fait ses réserves, vigilant et en silence, se rend dans une maison qu’il connaît bien. Par ce geste d’errance assez radical dans un tel film, ce premier acte introductif expose l’univers du film – un post-apo où la nature a déjà repris ses droits – et se poste dans la droite lignée du roman de Peter Heller que le film adapte (« La Constellation du chien »), qui plaçait les personnages, l’ambiance et le flot de l’écriture au-dessus de la toute-puissance de l’intrigue. THE DOG STARS respecte par ailleurs certains jalons du genre, à commencer par la menace de tribus ultra violentes en quête de ressources, séquences que Ridley Scott et Messerschmidt capturent avec énergie et une certaine maestria, qu’il s’agisse d’une attaque nocturne en infra-rouges ou de la fuite d’un aéroport entrecoupée de flashes stroboscopiques. Mais au-delà de ces quelques surgissements compréhensibles de brutalité, THE DOG STARS reste principalement hors des clous. Cette singularité et son refus du tout-spectacle ont tendance à amoindrir son impact, à en faire un objet si ce n’est monotone, au moins arythmique. Dans le même temps, c’est justement dans ce faux rythme que le film trouve son identité, ses plus beaux moments et sa raison d’être. Comme chez Peter Heller, Hig ne cherche pas tant la survie à tout prix qu’une raison de survivre, sujet essentiel finalement guère exploré dans le post-apo. À quoi bon vivre sans amour, sans réelle raison valable de se battre ? Retrouver la beauté du monde et du lien à l’autre, voilà la quête de Hig, qui vit autant de sa mélancolie qu’il tente de s’en affranchir. Une dramaturgie sensible et délicate, comme une bouffée d’air dans la misanthropie voire le nihilisme du cinéma de Ridley Scott, et qui injecte un élément absent du roman de Heller, publié en 2012 : des échos évidents avec l’époque post-pandémie que, bien malgré nous, nous traversons tous ensemble.

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Sortie : 26.08.26
De : Ridley Scott
Avec : Jacob Elordi, Margaret Qualley, Josh Brolin, Guy Pearce
Pays : États-Unis
Durée : 1h59
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