DECORADO

26/08/2026 - Par Perrine Quennesson
Troisième long-métrage du cinéaste espagnol Alberto Vázquez, DECORADO s’impose comme une chronique désespérée à l’humour noir salvateur.

Après l’étrange PSICONAUTAS et le dantesque UNICORN WARS, Alberto Vázquez déploie la fable nihiliste de son court-métrage DECORADO en version longue. Dans cette dystopie, les traits ronds cachent un abîme. Arnold et María, couple de souris en crise, évoluent dans un monde que lui soupçonne d’être un immense décor factice, dirigé et surveillé par la corporation ALMA. Derrière son esthétique naïve héritée des cartoons de l’enfance, de Walt Disney à Tex Avery, DECORADO est un miroir d’une lucidité féroce de l’aliénation moderne, la solitude et la dépression. S’il utilise l’humour, le réalisateur n’est pas là pour amuser la galerie. Tout y passe : le capitalisme sauvage, l’oppression financière et la quête impossible de sens. Porté par une incroyable générosité d’idées, le film s’impose sûrement comme l’œuvre la plus accessible du cinéaste, où la tragédie intime de ces personnages brisés maintient constamment le récit sur le fil. Visuellement, l’animation déploie une fluidité remarquable pour donner corps à cet univers chaotique mais d’une grande cohérence graphique. Sans concession ni espoir fallacieux, Alberto Vázquez frappe par son pessimisme radical et sa misanthropie politique. Avec une pointe d’ironie, il nous rappelle que, quand on n’est plus maître de rien, le seul accès à la sincérité et au bonheur réside avant tout dans notre rapport à l’autre. Presque stoïcien, ce cher Alberto.

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Sortie : 26.08.26
De : Alberto Vázquez
Pays : Espagne
Durée : 1h35
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