Cannes 2026 : LE VERTIGE

21/05/2026 - Par Renan Cros
Avec son look de jeu vidéo des années 2000, LE VERTIGE a l’air d’un gag. Mais c’était sans compter le vertige, le vrai, d’un film hilarant sur l’incertitude de nos certitudes.

Difficile de ne pas se marrer devant les premières minutes du VERTIGE. Une animation polygone qui rappelle les heures nostalgiques de la Playstation, Alain Chabat à plat, Jonathan Cohen en slip carré et l’improbable sensation de douter de ce qu’on est en train de regarder. Mais si LE VERTIGE est aussi drôle, c’est que, comme toujours avec Quentin Dupieux, la forme raconte le fond et qu’il faut se méfier de notre arrogance de spectateur. Jacques (Chabat) se rend chez son ami Bruno (Cohen) pour lui faire une révélation : ils vivent dans une simulation. Tout est faux, il en est sûr. La preuve, il a trouvé des bugs de la matrice. Dialogues absurdes et existentiels de deux idiots, sorte de Vladimir et Estragon qui n’attendent pas Godot mais des réponses. D’autant plus que les réponses, nous, on les a puisqu’à l’écran, c’est bien une simulation que nous regardons. Alors on rit, quand Dupieux joue avec les approximations inhérentes à cette technique d’animation volontairement archaïque et que les personnages semblent ne pas voir l’évidence. Mais Dupieux a plus d’un vertige de prévu et le film soudain de glisser vers la certitude des complotistes. Tandis que ces héros carrés gagnent en assurance, c’est toute notre époque folle qui s’insère dans les pixels de ce VERTIGE, miroir déformant de notre monde où même la vérité doute. Alors qu’il suffit parfois de juste regarder devant soi.

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Sortie : 10.06.26
De : Quentin Dupieux
Avec : Jonathan Cohen, Alain Chabat, Anaïs Demoustier, Jean-Marie Winling
Pays : France
Durée : 1h04
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