MATA
Ce qu’on sacrifie pour la France semble être un sujet de prédilection de Rachel Lang. Les soldats de la légion étrangère dans MON LÉGIONNAIRE ; les agents de la DGSE dans MATA… Chacun a compris que son travail pouvait tout lui prendre d’un moment à l’autre mais ce n’est pas pour cela qu’ils le vivent bien. Ici, une agente en mission au Niger voit son collègue et compagnon être kidnappé après un attentat sur leur convoi. Mata est blessée et rapatriée en France. Au mépris du protocole établi par le Ministère de la Défense, elle enquête en douce pour comprendre ce qui s’est passé et espère bien retourner dans le désert arracher Antoine des griffes de ses ravisseurs. Mais Mata n’est pas Rambo. Ça la frustre, et la colère monte, et MATA de devenir un étrange film d’espionnage qu’on mène lentement à ébullition. Un faux-calme menaçant, au diapason d’une héroïne taiseuse, cérébrale et imprévisible – qui doit beaucoup au charisme de feu d’Eye Haïdara. L’étrange fatalisme qui règne, cette action bureaucratique et ses surveillances atones font tout le sel de ce film qui ne se prend ni pour JAMES BOND ni pour un récit de John Le Carré. On aurait même préféré que ça en reste là plutôt que de le voir flirter avec la politique. Des routes désertes de la Suisse rurale en passant par les bureaux gris des hautes sphères françaises : MATA ne ressemble à rien d’autre et ça a franchement de la gueule.
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De : Rachel Lang
Avec : Eye Haïdara, Joséphine Japy, Raphaël Personnaz, Hakim Jemili
Pays : France
Durée : 1h38

