ANEMONE

24/03/2026 - Par Aurélien Allin
Daniel Day-Lewis devant la caméra de son fils : en dépit d’effets superflus, ce premier film est suffisamment riche thématiquement pour captiver.

Huit ans après PHANTOM THREAD, que tout le monde croyait être ses adieux, revoilà Daniel Day-Lewis. Retour qu’il effectue au côté de son propre fils, Ronan, dont il s’agit du premier long-métrage. Les deux collaborent au scénario, pour l’histoire de Ray Stoker (DDL), quinqua reclus dans les bois, bientôt rejoint par Jem (Sean Bean). Mais pourquoi ? ANEMONE joue du mystère – le visage de Ray n’est, par exemple, révélé qu’au bout d’une quinzaine de plans, décuplant son aura. Cette patience narrative, si elle sur-complexifie un récit qui n’aurait probablement rien perdu en ligne claire, happe lentement le spectateur dans son univers très irlandais – le poids de l’église, les Troubles, l’IRA, la violence et la colère transmises de père en fils, etc. D’autant que Ronan Day-Lewis sait faire de la très belle image, entre captation ample de décors naturels époustouflants et plans évocateurs – une femme, immobile et fantômatique, au bout d’un lit, une nuit ; l’arrivée imminente d’une tempête et ses nuages menaçants… Dommage, alors, qu’il ne parvienne pas toujours à maîtriser ses effets ou à les rendre organiques. La musique de Bobby Krlic, notamment, apparaît souvent superfétatoire et ostentatoire, comme un vecteur de cohésion forcée. Lorsqu’il est ainsi maladroitement sentencieux à vouloir trop faire ses preuves, ANEMONE met à distance le spectateur et amoindrit l’impact de ses émotions.

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Sortie : 25.03.26
De : Ronan Day-Lewis
Avec : Daniel Day-Lewis, Sean Bean, Samantha Morton, Samuel Bottomley
Pays : Grande-Bretagne / États-Unis
Durée : 2h05
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