ORWELL 2+2=5

24/02/2026 - Par Emmanuelle Spadacenta
À travers les derniers jours de l’auteur de « 1984 », l’implacable documentariste Raoul Peck explique le mécanisme actuel du retour des fascismes.

Des textes d’Orwell juxtaposés aux images d’un futur qu’il n’aura pas connu… Le montage est un art que Raoul Peck maîtrise aussi bien que l’association d’idées. Dans les mots du romancier, qui disait n’écrire que lorsqu’il avait « un mensonge à dénoncer, un fait sur lequel [il voulait] porter l’attention », dans ses portraits répétés des dérives autoritaires ou fascisantes dans « La Ferme aux animaux » ou « 1984 », il y a déjà tout pour comprendre ce qui arrive actuellement au monde. C’est qu’entre hier et aujourd’hui, le fascisme est toujours le même certes, mais il a changé d’écrin. Aux lois liberticides, à la prévalence d’une opinion unique et aux conquêtes colonisatrices s’ajoutent le rôle de la novlangue et le « capitalisme de surveillance » représenté par la tech qui prospèrent en idiocratie, prédite elle aussi par Orwell. Savamment partitionné en trois thématiques inspirées par les préceptes fascistes introduits dans « 1984 » (« La guerre c’est la paix », « L’ignorance c’est la force », « La liberté c’est l’esclavage »), ORWELL s’appuie autant sur des images de désolation humaine (guerres, répression etc.) que sur des extraits de films uchroniques, histoire de répéter que la culture souvent prophétise. « L’opinion selon laquelle l’art n’aurait rien à voir avec la politique est elle-même une position politique », disait l’auteur. Peck plussoie dans un documentaire passablement en colère.

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Sortie : 25.02.26
De : Raoul Peck
Pays : États-Unis
Durée : 1h57
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