5 CENTIMÈTRES PAR SECONDE
Les studios américains ne sont pas les seuls à revoir leurs grands films d’animation en prises de vues réelles : voici donc l’adaptation live de 5 CENTIMÈTRES PAR SECONDE, animé de Makoto Shinkai sorti en 2007. À 29 ans, Takaki (Hokuto Matsumura, vu récemment dans JUSQU’À L’AUBE) s’ennuie dans sa vie de bureau et délaisse sa petite amie. Près de vingt ans après, il reste hanté par l’image d’Akari, son amour d’enfance. Quand l’animé choisissait une structure en trois segments chronologiques, ce remake entremêle présent et flashbacks. Le storytelling se fait ainsi fuyant au départ, le réalisateur Yoshiyuki Okuyama distillant patiemment les informations sur ses personnages. Peu à peu se forme une toile comme un grand plan bancal de l’univers, où les coïncidences font se croiser, s’éloigner et se recroiser les trajectoires d’individus perdus face à leur avenir, leurs désirs et leurs choix. L’idée n’est pas neuve mais bien exécutée, d’autant qu’elle est soutenue par un joli travail esthétique. L’artificialité de l’image, qui emprunte souvent à l’animation (cadrages, lumières, halo laiteux, travail sur la profondeur de champ, etc.), transmet avec force l’onirisme de l’enfance et les névroses nostalgiques de Takaki. 5 CENTIMÈTRES PAR SECONDE convainc moins lorsqu’il se fait trop doucereux – voire mièvre –, alors même que sa morale finale, sincère et touchante, est, elle, bien plus dure et mature.
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De : Yoshiyuki Okuyama
Avec : Hokuto Matsumura, Mitsuki Takahata, Nana Mori, Yuzu Aoki
Pays : Japon
Durée : 2h03
