UNDERTONE

11/08/2026 - Par Aurélien Allin
Influencé par des souffrances personnelles – la mort des parents du réalisateur Ian Tuason – un film d’horreur qui accomplit beaucoup avec très peu.

Le cinéma d’horreur est un formidable terrain d’expérimentation formelle et sensorielle, notamment quand les moyens manquent. Savoir créer la peur avec rien, ou si peu, y est essentiel. Un art du minimalisme parfaitement compris par Ian Tuason dans UNDERTONE, son premier long-métrage. Logeant chez sa mère mourante, Evy coanime un podcast sur les creepy pasta. Résidant à Londres, son collègue Justin lui propose d’explorer de mystérieuses conversations enregistrées par un couple, qui lui ont été envoyées par mail. À chaque enregistrement, les sons se font plus étranges et le malaise d’Evy grandit, le mystère renvoyant à ses propres peines. Tuason explore ce postulat avec efficacité : sa caméra s’attarde avec malice sur des couloirs vides alors que le son, remarquablement travaillé tant comme objet narratif qu’esthétique, catalyse tout l’effroi, entre snuff sonore et comptines pour enfants débitées à l’envers. UNDERTONE se fait certes parfois roublard : sa structure très construite, notamment, laisse croire à un dénouement plus clair. La frustration créée finit néanmoins par payer à retardement : échos à des terreurs primales (peur du noir et du monstre sous le lit…) autant qu’à des souffrances quotidiennes (la maladie, le deuil), les images et les sons concoctés par Tuason s’immiscent durablement en nous, stigmates d’un film qui fonctionne davantage sur l’impalpable et le lâcher-prise que sur le pragmatisme.

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Sortie : 12.08.26
De : Ian Tuason
Avec : Nina Kiri, Michelle Duquet, Adam DiMarco, Jeff Yung
Pays : Canada
Durée : 1h34
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