Cannes 2026 : ULYA

23/05/2026 - Par Justin Kwedi
Un beau portrait de femme évitant les poncifs du biopic et du film de sport.

ULYA de Viesturs Kairiss est une évocation d’Ouliana Semionova, célèbre basketteuse lettone ayant remporté de nombreux titres olympiques et internationaux durant les années 60 à 80 – et décédée en janvier dernier. Elle est passée à la postérité pour sa taille hors-normes causée par l’acromégalie, une maladie rare due à une sécrétion excessive de l’hormone de croissance. Le film s’éloigne des archétypes du biopic ou du film sportif pour livrer un récit d’apprentissage observant Ulya passer par l’accomplissement athlétique pour se trouver en tant que femme. Les cadrages floutés la montrent comme extérieure à son corps, soulignent sa dominance physique sur ceux qui l’entourent tandis que son langage corporel comprimé expose ses complexes, sa vulnérabilité. Progressivement l’image étouffée s’élargit quand Ulya gagne en assurance : ainsi, le terrain de basket, au départ pur espace de confusion, révèle ensuite sa topographie dès qu’Ulya le maîtrise par ses performances. La photo noir et blanc est somptueuse et, sous l’ascension intime et sportive, le sous-texte politique est bien là à travers un schisme également culturel pour Ulya, issue du milieu rural de la communauté des Hauts-croyants lettone. Elle va vivre, à son échelle, le rapport d’intimidation du régime soviétique envers ses fédérations et anticiper leur affranchissement lors de la chute du bloc de l’Est. Karlis Arnolds Avots, acteur incarnant ce rôle féminin, excelle et amène implicitement des problématiques transgenres participant au message d’acceptation.

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Sortie : Prochainement
De : Viesturs Kairiss
Avec : Karlis Arnolds Avots, Alise Dzene, Darta Cirule, Chulpan Khamatova
Pays : Lettonie
Durée : 1h42
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