Cannes 2026 : LA VÉNUS ÉLECTRIQUE
C’est peut-être parce qu’il démarre par une douce arnaque, que LA VÉNUS ÉLECTRIQUE parle aussi bien d’amour. Foraine contrainte chaque jour de se faire électrocuter sur scène, Suzanne, par un quiproquo délicat, joue les médiums au chevet d’Antoine, peintre au désespoir depuis la mort d’Irène. Une arnaque qui fait les affaires d’Armand, meilleur ami et galeriste dudit peintre qui a ainsi retrouvé l’inspiration. On voyait Salvadori, tout emballé dans le vermeille de la France des 1920’s, parti droit dans le vaudeville chromo et pépère. C’est mal connaître cet amoureux de Billy Wilder et Blake Edwards. Car LA VÉNUS ÉLECTRIQUE est aussi et surtout un film joyeusement mélancolique, sur tout ce qui nous électrise et nous laisse parfois au bord du chemin. Imbriquant avec maestria le passé et le présent, il transforme le vaudeville en quartet de regrets et de remords. Surtout, si Salvadori offre à Pio Marmaï un rôle sombre à la hauteur de son talent et à Gilles Lellouche un beau personnage taiseux, il a l’intelligence de moderniser son histoire en confiant les clés du désir aux personnages féminins. Dans les yeux d’Anaïs Demoustier et de Vimala Pons, le récit s’érotise et la mise en scène de s’enflammer en emportant le spectateur avec lui. Malin, LA VÉNUS ÉLECTRIQUE est un tour de passe-passe. Si on croit au départ en voir toutes les ficelles, son cœur mélancolique nous attrape par surprise.
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De : Pierre Salvadori
Avec : Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons
Pays : France
Durée : 2h02

