WICKER

20/10/2026 - Par Renan Cros
À trop vouloir être à la fois étrange, politique, merveilleux et grivois, WICKER s’égare et ennuie poliment. Plus « osier » qu’osé.

On ne peut pas reprocher à WICKER d’avoir envie d’en découdre. Adaptation d’une nouvelle d’Ursula Wills, le film explore un territoire de cinéma périlleux. À savoir le pittoresque du conte avec ses personnages grossiers, ses arbitraires du merveilleux et la morale que tout le monde attend. Et pendant sa première partie, WICKER fait bien le boulot. Dans ce village paysan d’une époque floue, les traditions règnent. Tandis qu’on passe un collier de chien autour des jeunes épouses, que les paillards paillardent, la poissonnière vit à l’écart des autres. Poussée par un affront et les moqueries du village, elle demande au maître vannier, peut-être un peu sorcier, de lui confectionner un mari. La créature, superbe, débarque, l’épouse et se met à son service pour l’aimer, l’aider et la faire jouir. Tout va vite, Olivia Colman jubile manifestement et Alexander Skarsgård est parfait en homme objet. Or il faut bien raconter quelque chose. Au lieu de filmer simplement le bonheur de ce couple étrange, l’humanité qui petit à petit les anime tous les deux, le film se concentre soudain sur les autres. Mesquinerie, jalousie, désir, tout ça traité avec une lourdeur et un manque d’idées qui figent le film dans un ennui poli. Le film cherche sa modernité en surlignant son féminisme par la farce. Alors que filmer le plaisir triomphant, la joie de son héroïne suffit à le rendre beaucoup plus subversif.

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Sortie : 21.10.26
De : Eleanor Wilson et Alex Huston Fischer
Avec : Olivia Colman, Alexander Skarsgård, Elizabeth Debicki, Peter Dinklage
Pays : Grande-Bretagne
Durée : 1h45
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