MI AMOR

06/05/2026 - Par Emmanuelle Spadacenta
Réussissant le mariage entre ses images moites et la musique électro, Guillaume Nicloux trousse un thriller sous le cagnard hypnotique.

Romy (Pom Klementieff) part à contre-cœur mixer sur une île des Canaries avec son amie Chloé (Freya Mavor), laissant sa mère malade et son fils trop jeune seuls en France. Cette nuit-là, la DJ soulève les foules. Mais au matin, Chloé, qui a pourtant dansé sous ses yeux, ne rentre pas à l’hôtel. Avec l’aide du patron de la boîte (Benoît Magimel), particulièrement pressant, elle part à sa recherche. Il existe une vague ressemblance avec ISLANDS (de Jan-Ole Gerster avec Sam Riley, 2025) dans ce postulat de mystère sous le soleil aveuglant des îles espagnoles. Quelques scènes de friction entre la police locale et cette étrangère angoissée, engagée dans une course contre la montre, sont aussi similaires. Mais ça s’arrêtera là. Guillaume Nicloux prend la tangente vers un cinéma beaucoup plus poisseux, hanté de personnages malveillants et bizarres, et plus fiévreux. Le film avance au son de musiques électro, un rythme cardiaque lourd et anxiogène menaçant à tout moment de s’emballer ou de s’arrêter. C’est peut-être trop, cette nappe constante de beats, diront certains mais elle maintient le spectateur en hypervigilance. On pense à un bad trip, à une insolation, à la parano d’un oiseau de nuit, mais MI AMOR est plus payant que ça, refusant de jouer la seule carte onirico-cauchemardesque qu’on pourrait attendre d’un film sur la vie dissolue de ce genre d’endroit. Un petit thriller particulièrement efficace.

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Sortie : 06.05.26
De : Guillaume Nicloux
Avec : Pom Klementieff, Benoît Magimel, Freya Mavor, Astrid Bergès-Frisbey
Pays : France
Durée : 1h53
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