DAO
« Dao est un mouvement perpétuel et circulaire qui coule en toute chose et unit le monde ». Alain Gomis érige cette notion en précepte directeur de DAO qui, en juxtaposant pour mieux les relier vie et mort, présent et passé, Afrique et Europe, ancestral et contemporain, floute toutes les frontières – temporelles, géographiques, cinématographiques. Ainsi, DAO débute par des auditions effectuées par Gomis pour trouver ses interprètes. L’histoire qu’il souhaite raconter ? Gloria s’apprête à marier sa fille en France. Un an en arrière, elle effectuait en Guinée-Bissau un rituel pour faire passer l’esprit de son père dans l’au-delà. En montage alterné, Gomis met en scène les deux temporalités de sa fiction et ses images making-of (auditions et ateliers de répétition) avec une maîtrise assez ahurissante. DAO s’impose alors rapidement comme une grande fresque intime sur les cycles de l’existence où des bribes d’histoires s’agrègent dans une centrifugeuse de cinéma. Et où toutes les images font à la fois fiction et documentaire. En émerge un trouble évident de spectateur : où se situe la frontière entre ce qui est vécu et ce qui est joué ? Sur un peu plus de 3h, DAO n’évite pas les redites et ne peut empêcher la cérémonie mortuaire de captiver davantage que le mariage, plus attendu. Sans doute est-il aussi plus évocateur en tant qu’objet théorique que narratif. Rien qui ne lui enlève toutefois son unicité et son ampleur.
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De : Alain Gomis
Avec : Katy Correa, D’Johé Kouadio, Samir Guesmi, Mike Etienne
Pays : France / Guinée-Bissau
Durée : 3h05
