WILD HORSE NINE

03/11/2026 - Par Renan Cros
Tour de magie de cinéma, WILD HORSE NINE nous trimballe entre comédie, mélancolie et thriller avec une virtuosité imparable. Du grand art.

Martin McDonagh a un style qui tient du tour de passe-passe. À chaque fois, de BONS BAISERS DE BRUGES aux BANSHEES D’INISHERIN, on se laisse balader par son sens de la punchline et du désordre en se demandant comment tout ça tient aussi miraculeusement bien debout. Radical et pourtant généreux, le cinéaste tient fermement ses histoires, ses personnages et ses acteurs d’une main pour mieux nous guider de l’autre. Comme toujours, WILD HORSE NINE demande donc de se laisser faire. Deux espions de la CIA débarquent sur l’île de Pâques, supposément en vacances. Nous sommes en 1973 et le fait que l’intrigue débute au Chili, quelque temps avant le coup d’État, devrait nous mettre déjà sur nos gardes. Malin, McDonagh laisse le swing distingué de John Malkovich et l’humour à froid de Sam Rockwell prendre le relai. Duo d’espions mal assorti, vieux couple d’amis, père et fils spirituels, il se joue quelque chose entre ces deux-là du chat et de la souris. À partir de là, le film glisse et surprend constamment, enjambant avec une dextérité confondante les petites et grandes histoires, les tonalités, les genres et les émotions. Le rire, la terreur soudain et enfin l’émotion à fleur de peau. Porté par deux acteurs qui dansent sur ce fil avec jubilation, WILD HORSE NINE ne serait qu’un beau tour de manège s’il ne révélait pas in fine en son sein un cœur, blessé et en colère, qui frappe fort.

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Sortie : 04.11.26
De : Martin McDonagh
Avec : John Malkovich, Sam Rockwell, Steve Buscemi, Parker Posey
Pays : États-Unis
Durée : 1h58
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