MON GRAND FRÈRE ET MOI
« Tu n’es pas triste, maman ? ». Pourquoi Riko le serait-elle ? Ce frère, dont la police vient de lui annoncer le décès soudain, elle le méprise « de tout son cœur » depuis leur enfance. Un parasite qui a profité d’être le chouchou de leur mère puis l’a abandonnée quand elle est tombée malade, qui n’a eu de cesse de promettre à Riko qu’il allait se reprendre et trouver un boulot, juste pour lui emprunter de l’argent. Mais bon, il faut bien vider l’appart’ du mort, organiser ses funérailles, alors Riko retrouve son ex belle-sœur, son neveu et sa nièce. Ce que raconte Ryota Nakano, réalisateur de LA FAMILLE ASADA, ne va évidemment pas entériner ce que pense son héroïne. MON GRAND FRÈRE ET MOI pourrait être vachard – et il l’est joyeusement, parfois – mais il se consacre surtout à faire tomber l’armure de Riko et ses idées reçues. Peu à peu, elle redécouvre ainsi son frère post-mortem à travers ce qu’il a laissé derrière lui, à commencer par son fils. Là, Nakano maîtrise mieux ses élans comiques que mélodramatiques, les sentiments discrets (mélancolie, nostalgie) que tempétueux (colère, chagrin). Bien qu’il pousse trop loin certains potars, jusqu’à sur-expliquer les émotions et les pensées de Riko (via un ouvrage qu’elle écrit sur son expérience du deuil, déclamé en voix off), Nakano accède à une certaine justesse, notamment lorsqu’il ose la franche poésie – les apparitions du défunt. Inégal, mais joli.
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De : Ryota Nakano
Avec : Ko Shibasaki, Joe Odagiri, Hikari Mitsushima, Aoyama Himeno
Pays : Japon
Durée : 2h07
