AMOUR APOCALYPSE
Adam ne va pas bien. Ce propriétaire d’un chenil en Ontario est un éco-anxieux. Naturellement peu tranquille, il a adossé son angoisse innée à un phénomène bien réel, celui du changement climatique. Pour lutter (un peu) contre l’état dépressif que cela entraîne chez lui, il achète, puis casse, une lampe de luminothérapie. C’est en contactant le SAV qu’il fait la connaissance de Tina, aux mots rassurants qui apaisent momentanément notre malheureux Adam. Sous ses airs de croisement entre NUITS BLANCHES À SEATTLE et PUNCH-DRUNK LOVE sur fond de rapport du Giec, AMOUR APOCALYPSE est un geste frondeur. En reprenant le cadre bien précis de la comédie romantique, qu’elle respecte avec beaucoup de déférence et une certaine délectation, Anne Émond propose un regard singulier sur l’un des maux du siècle : l’éco-anxiété. Malgré son ton badin, le film ne sombre jamais dans la moquerie ou le mépris de cette angoisse provoquée par les grands changements, perceptibles ou à venir, de la planète. Mieux, en l’incarnant à travers le personnage d’Adam, elle en fait un archétype valable et crédible, ne le limitant ni à un problème psychiatrique, ni à une mode. Et en convoquant la comédie romantique, et ce couple aussi sensuel que sensible incarné par Patrick Hivon et Piper Perabo, la réalisatrice fait le choix franc de ne pas regarder l’avenir avec drame et fatalisme, mais de croire encore au beau. Punk as fuck.
Partagez cette chronique sur :
De : Anne Émond
Avec : Patrick Hivon, Piper Perabo, Connor Jessup, Gilles Renaud
Pays : Canada
Durée : 1h40
