SCARLET ET L’ÉTERNITÉ

10/03/2026 - Par Justin Kwedi
Mamoru Hosoda surprend avec un récit de fantasy rugueux et mal aimable, porté par une esthétique baroque agitée par la confusion des sentiments.

L’art de Mamoru Hosoda avait tendance à ronronner dernièrement, ses récits initiatiques adolescents, à cheval entre réalisme et mondes imaginaires, suivant des schémas plus prévisibles – même si MIRAÏ MA PETITE SŒUR et BELLE demeuraient des divertissements plaisants. Ce nouveau film plein de bruit et de fureur vient avec plaisir bousculer nos certitudes. Sur un postulat vengeur inspiré de « Hamlet », Hosoda plonge son héroïne Scarlet dans un monde parallèle dont les contours se plient à ses contradictions. Sa volonté de venger le meurtre de son père se conjugue à cet environnement hostile qu’elle pense ne pouvoir traverser que dans le fracas des armes. Les différentes techniques d’animation (stéréoscopie, 3D) correspondent à la confusion intime de l’héroïne qui, comme Hamlet, oscille entre la violence qu’on attend d’elle et la sérénité à laquelle elle aspire. Hosoda alterne plages contemplatives et visions cauchemardesques de dark fantasy, bousculant sa ligne claire narrative et émotionnelle coutumière pour un récit rugueux et pas forcément destiné à un jeune public. La noirceur entrevue durant le climax du GARCON ET LA BÊTE domine entièrement ici, déchirée entre le temps et l’espace mental onirique. C’est une vraie rupture pour Hosoda, qui reste toutefois cohérent avec ses thèmes faisant d’une rencontre bienveillante le chemin possible vers des sentiments plus apaisés.

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Sortie : 11.03.26
De : Mamoru Hosoda
Pays : Japon
Durée : 1h52
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