SANS PITIÉ
Dans les alentours dévastés d’une usine désaffectée, une mère et ses fils fusillent puis enterrent leur vieux chien malade. Pour son premier long, Julien Hosmalin plante le décor immédiatement. S’inspirant en partie de souvenirs d’enfance et d’adolescence, il suit deux frangins forains élevés par leur mère célibataire. Lorsque le plus jeune des deux est enlevé, l’équilibre familial se brise. Hosmalin filme SANS PITIÉ comme un revenge western des plaines européennes, avec ses trains de marchandise et ses ponts rouillés, ses vastes étendues que les héros traversent en moto, cheval mécanique. Cet ancrage dans le genre baigne le récit dans une tension quasi permanente où chaque action semble pouvoir mener au pire, les deux frères comme écrasés par le déterminisme d’une destinée pas fastoche. Là, SANS PITIÉ trouve à la fois sa plus grande force et son talon d’Achille. D’un côté, on s’attache instantanément à ces garçons, d’autant qu’à l’âge adulte, ils sont campés avec puissance et aura par un duo quasi fantasmatique composé des excellents Tewfik Jallab et Adam Bessa. De l’autre, le film apparaît souvent tout en force, potars bloqués à 11, ne laissant guère de place à la moindre respiration. Ce que le film gagne en gravité, il le perd sans doute en émotion et en évocation. Ce galop d’essai reste cependant suffisamment solide pour hisser Julien Hosmalin parmi les talents à observer de près.
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De : Julien Hosmalin
Avec : Tewfik Jallab, Adam Bessa, Jonathan Turnbull, Laura Sepul
Pays : France / Belgique
Durée : 1h34
