PRIMATE
L’idée du singe violent, de Goliath dans PROJET X à Gordy dans NOPE, en passant par Koba de la PLANÈTE DES SINGES, est généralement là pour dénoncer le manque d’humanité dans le regard que posent les hommes sur leurs plus proches cousins. Cette émotion-là manque cruellement à PRIMATE où le chimpanzé d’une scientifique décédée contracte la rage et s’en prend à la famille qui l’élève. La nature même de la maladie, qui ne fait pas de quartier et ne laisse l’espoir d’aucun miracle, transforme le singe en bête à tuer mais, Hollywood oblige, on prête à l’animal une perversité, tout à fait humaine, lui permettant de tromper et leurrer ses victimes. Malgré la tension et le gore – sur ce point, le film est réussi –, jamais on ne saurait rouler pour ce pauvre animal. Tout est plus binaire : alors que Troy Kotsur, acteur malentendant, aurait pu être le héros génial d’un face-à-face tendu à crever, il disparaît vite pour laisser place à une bande d’ados hurlants – heureusement, moins bêtes que dans le tout-venant du slasher.
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De : Johannes Roberts
Avec : Johnny Sequoyah, Jessica Alexander, Troy Kotsur, Victoria Wyant
Pays : États-Unis
Durée : 1h29
