LE FLIC DE BEVERLY HILLS : AXEL F.

03/07/2024 - Par Aurélien Allin
Bonne surprise : drôle et efficace, LE FLIC DE BEVERLY HILLS : AXEL F. prouve qu’on peut encore, en 2024, faire des comédies d’action comme dans les 80’s.

À l’instar de TOP GUN : MAVERICK qui débutait comme son aîné, AXEL F. refait le générique du FLIC DE BEVERLY HILLS – des images quotidiennes de Detroit montées sur « The Heat Is On » de Glenn Frey. Une différence, toutefois : Axel Foley se balade ici dans sa voiture et échange des vannes avec les passants. Une manière, sans doute fortuite, d’annoncer la couleur : avec ce quatrième volet, rien n’a changé, même si rien n’est pareil. Et c’est la grande réussite, très surprenante, de l’entreprise. Là où TOP GUN : MAVERICK ou BAD BOYS FOR LIFE / RIDE OR DIE, autres suites tardives de productions Simpson / Bruckheimer, ont misé sur une réflexivité méta et/ou une entrée dans le futur avec des réalisateurs imposant leur patte, LE FLIC DE BEVERLY HILLS 4 se présente comme un authentique film à l’ancienne. Tout juste un dialogue post-moderne vient-il tacler le troisième volet. Au-delà, AXEL F. joue la carte du divertissement direct, sans fioritures. Alors qu’il arpente les rues de Detroit avec ses mêmes méthodes éculées de têtes brûlées, Foley reçoit un appel de son pote de Beverly Hills, Billy Rosewood : la fille d’Axel, avocate, a été menacée physiquement par des inconnus après qu’elle a défendu un jeune homme accusé d’avoir tué un flic. Ni une, ni deux, Foley saute dans l’avion et se retrouve de nouveau sur la Côte Ouest pour enquêter. Sur ce postulat simple, AXEL F. orchestre un double buddy movie : l’un opposant Foley à sa fille Jane, qui lui reproche d’avoir été un père absent, et l’autre à un inspecteur suspendu, Bobby (Joseph Gordon-Levitt, qui s’amuse comme un gosse), ex-petit ami de Jane. Une comédie à deux branches qui s’unit autour d’une idée : si Axel reste le même, campé par un Eddie Murphy à l’abattage irrésistible, le monde autour de lui a évolué, rendant son baratin moins efficace. Avec son enquête limpide qui ne fait jamais de mystère sur l’identité du méchant et sa dramaturgie déjà vue mais écrite, LE FLIC DE BEVERLY HILLS 4 a tout le temps pour soigner ses moments de bravoure comiques et pyrotechniques comme si les années 80 n’avaient jamais fané. Tout pubard qu’il est, Mark Molloy, dont c’est le premier film, opte pour un découpage classique et une action lisible constamment organique, loin des abstractions numériques. Même la photo est à l’avenant, tandis que Lorne Balfe, porté par les thèmes classiques de Harold Faltermeyer, signe l’un de ses meilleurs scores. Et si tout ça ne fleure pas la modernité, AXEL F. ne sombre pas non plus dans la nostalgie vaine ou rance. Tout juste célèbre-t-il un cinéma carré, voué à divertir, et le fait bien.

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Sortie : 03.07.24 sur Netflix
Réalisateur : Mark Molloy
Avec : Eddie Murphy, Taylour Paige, Joseph Gordon-Levitt, Kevin Bacon
Pays : États-Unis
Durée : 1h55
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