FANON
Algérie, 1953. Alors qu’il rencontre un racisme constant, Frantz Fanon prend ses fonctions de médecin-chef à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville. Ce qu’il découvre dépasse l’entendement, notamment dans le traitement inhumain réservé aux patients algériens. Il applique alors des méthodes modernes et bientôt, va décortiquer la psychologie coloniale dans ses écrits… Ces dernières années, on a eu tendance à réduire le film biographique aux histoires d’artistes révérés, oubliant que ce genre cinématographique peut être une formidable porte d’entrée pédagogique vers des figures politiques et sociales d’importance, des penseurs dont les luttes bouleversent le statu quo et résonnent jusqu’à aujourd’hui. En racontant quelques années de la vie de Frantz Fanon, né en Martinique en 1925 d’ancêtres esclaves, engagé en 1943 dans l’Armée française de la Libération puis allié des Algériens dans leur quête d’indépendance, le réalisateur Jean-Claude Barny (NÈG MARON) entend « ouvrir une réflexion nouvelle sur le récit colonial ». Et le fait avec autant de passion que de subtilité. Porté par l’interprétation élégante d’Alexandre Bouyer, à la fois toute en droiture et en aspérités, FANON rend accessible la pensée de cet homme d’engagement et parvient à des vérités humaines bouleversantes, notamment lorsqu’il regarde dans le blanc des yeux les gestes désespérés auxquels mène irrémédiablement l’oppression.
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Réalisateur : Jean-Claude Barny
Avec : Alexandre Bouyer, Déborah François, Stanislas Merhar, Mehdi Senoussi
Pays : France
Durée : 2h13