OKLAHOMA HONEY

18/08/2026 - Par Aurélien Allin
Le monde est une ruche, à chacun d’y trouver sa place pour bâtir le vivre-ensemble. Andrew Patterson, après THE VAST OF NIGHT, confirme qu’il a toute notre attention.

Sur le papier, OKLAHOMA HONEY ne pourrait pas être plus différent de THE VAST OF NIGHT, précédent film d’Andrew Patterson. Là où son premier long recréait le passé pour donner vie à toute une mythologie SF des OVNIs, OKLAHOMA HONEY embrasse le présent pour nous propulser dans le sud profond des États-Unis, ses bourgades et ses habitants, leurs us et coutumes. Et leurs histoires, un tourbillon d’histoires comme un moyen d’atteindre l’éternité. Rien ne décrira mieux OKLAHOMA HONEY que cette image de la tornade où une multitude d’éléments, parfois très disparates, vont peu à peu s’agréger pour former un tout d’une grande cohérence. Amziah King (Matthew McConaughey, dans un rôle que lui seul pouvait jouer) fabrique du miel. « Les abeilles fabriquent le miel. Moi je le vends », précise-t-il. Il a besoin de peu, vit de peu. Il se nourrit surtout de sa communauté, qu’il veut protéger, et de bœufs rock country avec ses amis. Un soir, les flics viennent le voir : des fûts de miel volé ont été retrouvés. Il accepte de les aider. En parallèle, il retrouve Kateri, orpheline qu’il avait par le passé recueillie. Et de là… le tourbillon s’intensifie. Finalement, on reconnaît très vite en OKLAHOMA HONEY ce qui avait fait l’impact de THE VAST OF NIGHT : Andrew Patterson n’a peur de rien, d’aucune idée, d’aucun demi-tour brutal, d’aucune hybridation. D’aucun gag slapstick, non plus. Chez beaucoup, tout ça tournerait à la tarantinade de bas étage, au post modernisme de p’tit malin, à la démonstration de virtuosité un peu vaine. Non pas qu’OKLAHOMA HONEY manque d’ampleur, de maestria ou de gouaille, loin de là. C’est juste qu’elles ne servent pas un orgueil de cinéaste mais le portrait de l’univers que Patterson filme et, par ricochet, l’expérience du spectateur. À chaque scène, une foule d’histoires qui se déploient avec fluidité, entrent en collision, mènent le récit vers des accélérations digressives parfaitement maîtrisées par Patterson, sans doute parce qu’il a la Ferrari McConaughey pour piloter ses ruptures de tons et l’incroyable révélation Angelina LookingGlass, humaine et assurée, pour faire passer la pilule. Ainsi, OKLAHOMA HONEY, avec une verve de vieux briscard, sait ménager drame et comédie, tension et poésie, sans compter une multitude de genres – thriller, chronique, revenge movie, film de casse. Le tout… en musique, quelques scènes en chanson décuplant d’autant la fascination que génèrent ces personnages et les décors qu’ils arpentent. À la clé, quelques décharges émotionnelles, que seuls les films d’une absolue sincérité savent susciter. OKLAHOMA HONEY ou le plaisir d’un cinéma total qui ne s’excuse jamais de l’être.

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Sortie : 19.08.26
De : Andrew Patterson
Avec : Matthew McConaughey, Angelina LookingGlass, Kurt Russell, Jake Horowitz
Pays : États-Unis
Durée : 2h10
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