Cannes 2026 : LA FRAPPE
Il y a au centre de LA FRAPPE un non-dit, un mot terrible qui en est à la fois la clé et l’abîme terrifiant. Avec précision et sans jamais l’image de trop, Julien Gaspar-Oliveri filme comment ce mot impossible à dire, ronge un frère et une sœur, tandis que leur père fait son retour. Avec sa caméra au plus près de la peau, le réalisateur suit l’élan d’Enzo, jeune homme solaire, pour donner l’illusion que tout va bien. Tandis que sa sœur, elle, s’emporte, s’inquiète et fuit, lui accueille chez lui ce père sorti de prison. En quelques scènes, le spectateur est déjà à bout de souffle. Tendu par la présence de ce père, étourdi par l’énergie de ce jeune homme « trop enthousiaste », anxieux de la réaction de cette sœur à vif, on plonge petit à petit au cœur du film comme on s’enfonce dans une allée sombre. Tandis que peu à peu, l’innommable se dessine à travers des gestes, des regards, LA FRAPPE échappe au voyeurisme et raconte ce que cette violence détruit profondément, en restant au plus près de son personnage principal. Dur, le film tient par les performances habitées de Diego Murgia et Romane Fringeli, duo frère-sœur cabossé, complexe, remuant. Face à eux, Bastien Bouillon hante le film d’une douceur qui rampe sous la peau et terrifie. Ce que dit LA FRAPPE, seul le temps du cinéma peut le raconter. La violence qui détruit, ronge et rend étranger à soi-même. L’incompréhension face à un mot, « famille », qui ne fait soudain plus sens.
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De : Julien Gaspar-Oliveri
Avec : Diego Murgia, Romane Fringeli, Bastien Bouillon, Héloïse Volle
Pays : France
Durée : 1h46

